Opinion-Slam: Du sang coule entre ses jambes, donnez lui des protections hygiéniques, c’est son droit

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Par Lebon Kasamira

Toutes les femmes congolaises, burundaises, africaines, bref du monde, récoltent du sang pendant leurs périodes menstruelles. Elle dure en moyenne entre 2 et 7 jours et revient tous les 28 jours chaque mois pour les régulières.
Et chaque femme est sensée se protéger pour son hygiène intime ( avec serviettes, bandes hygiéniques, tissus de pagnes ou de matelas).

En RDC par exemple, cette question semble encore taboue.
Certains disent que “c’est une affaire des dames”, oubliant que ce sont nos soeurs, filles, épouses et mères qui sont concernées.
Saviez-vous qu’à Goma les protections hygiéniques de bonne qualité coûtent entre 2000 et 8000 francs congolais ? Et que ces autres là, à bas prix, seraient de mauvaise qualité et peuvent facilement infecter son utilisateur ?

Et s’il faut se mettre à la place de cette campagnarde de Rutshuru, Masisi, Walikale et Lubero, qui n’arrive pas à tenir aisément ses règles mensuelles parce que
ses conditions financières ou économiques ne le permettant du tout pas?

La Burundaise de Bujumbura, ville voisine de Uvira(Sud-Kivu), Ntirampeba Kerry Gladys, jeune slameuse et activiste des droits de la femme, s’indigne dans le texte “Je proteste ” contre la taxation et le prix des serviettes hygiéniques.
Un slam révoltant qui accompagnait la campagne #NtaKoriMuKwezi menée par la communauté des blogueurs burundais, Yaga Burundi.

Sujet tabou,

ils préfèrent plutôt parler d’amour,

ils préfèrent parler de tout,

Sauf de la porte par laquelle les hommes voient le jour.

Quelle est la valeur de la vie,

Si la vie n’a pas de prix ?

La femme que je suis n’a pas choisi d’être femme,

Mais vous, vous avez fixé à ma condition un prix.

C’est une histoire dans la grande,

C’est une mise en abîme,

C’est une histoire dans le temps dans un espace plutôt intime.

C’est une orpheline qui déclame ses drames devant vous messieurs mesdames,

C’est une mère qui crie dans ce slam,

Je suis une fille, une épouse, une sœur, une mère,

Mais surtout je suis une femme.

Huitième merveille on me proclame,

Ironie, vu que mes entrailles, on les condamne,

Affaire des dames disent-ils,

Cette tâche rouge sur ma jupe,

Puis cette odeur caractéristique.

Sujet tabou, ils préfèrent plutôt parler d’amour,

Ils préfèrent parler de tout,

Sauf de la porte par laquelle les hommes voient le jour.

Quelle est la valeur de la vie si la vie n’a pas de prix ?

La femme que je suis n’a pas choisi d’être femme,

Mais vous, vous avez fixé à ma condition un prix.

Un prix que je suis pas toujours capable de payer.

Là dans ma petite campagne,

Ma houe ne m’essuie pas lorsque je suis en train de saigner,

Petits tissus de pagnes je suis obligé de porter,

Appelant moi-même les maladies qui pourraient m’emporter.

Alors messieurs, si naître femme est un crime, moi je plaide coupable,

Mais si le droit peut me permettre de manger à votre table,

je proteste.

Payer au dessus de ce que je peux tirer de me ventes,

Être relayée au rang de ce qui importe le moins,

Car du sang coule entre mes jambes.

Je proteste contre cette société qui cherche à redresser l’homme sans avoir dressé le fils

Comment espérer récolter ma vertu alors qu’on a semé le vice ?

C’est une histoire génitale,

C’est une mise en rime,

C’est la réalité de toutes les femmes,

Dans leur dignité la plus intime.

Sujet tabou,
Ils préfèrent plutôt parler d’amour,

Ils préfèrent parler de tout,

Sauf de la porte par laquelle les hommes voient le jour.

Quelle est la valeur de la vie si la vie n’a pas de prix ?

La femme que je suis n’a pas choisi d’être femme,

Mais vous, vous avez fixé à ma condition un prix.

Alors je proteste.

La version audiovisuelle sur ce lien : https://youtu.be/xKkpvw9i0iw

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